Lettre d’adieu à Flora Fischbach

*********, le 14 mai 2022

Flora,

Je te dirai « tu » pour une fois car, en m’adressant à toi, je m’adresse aussi à moi.

Mon Dieu que mes mains tremblent en écrivant ces lignes. « Qui l’un pour l’autre est la menace? » Je voulais simplement te dire qu’il est temps. Temps pour moi de renoncer. Renoncer pour toujours à aller te voir en concert, à parler de toi sur ce blog, à systématiquement réagir à tes publications sur Facebook et Instagram, à te tagger ou mentionner à n’en plus finir dans mes posts sur ces réseaux sociaux, même si cela reste pour le moment « innocent » (j’ai bien mon badge de « Super Fan » sur Facebook!). Je ne peux plus. Je dois prendre soin de moi — et sans doute dans le même temps te délivrer d’une certaine angoisse. Je dois sortir de cette spirale obsessionnelle dans laquelle je suis pris et dont tu es le centre magnétique. J’ai fusillé mes deux dernières tentatives de relation sentimentale à trop parler de toi et du harcèlement moral que je t’avais infligé entre 2017 et 2019 (si ce n’est ensuite). Je fais peur aux autres à travers ma passion pour toi. Te voir en live pourrait avoir sur moi l’effet d’un buvard de LSD (danger ultime pour les bipolaires); je pourrais recommencer à te harceler de façon sérieuse et Dieu seul sait jusqu’où cela pourrait aller et comment mal cela pourrait finir. Je dois partir vers d’autres cieux que le tien, trop chargé de mille soleils et mille éclairs pour quelqu’un souffrant des maux dont je souffre. C’est dur, tu sais, mais je n’ai pas le choix. J’y arriverai, je m’en sortirai, je te le jure. Et j’écouterai ta musique encore et encore, je ne t’oublierai jamais, je n’oublierai jamais à quel point j’ai pu t’aimer ce 3 mai 2017 en t’écoutant à travers les murs de l’église d’Arlon faire ces majestueuses vocalises. Je te garderai comme Camila, le grand amour de ma vie passée, telle une pierre précieuse, dans les recoins de mon cœur et de mon âme.

Adieu

Vincent

Post-Scriptum: je sors fumer une cigarette dans le patio de la clinique. J’ai mis « Y crois-tu? » au casque, très fort. Je retiens mes larmes. « Je me surveille. »

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