J’ai beau être matinal, j’ai mal

Je ne suis pas sorti de l’auberge (pourquoi cette soudaine impression d’avoir déjà commencé un article antérieur par cette phrase?). Ma tremblante du mouton s’accroît de jour en jour. Bien qu’ayant couru matin et soir hier, je me suis retrouvé à me réveiller les yeux grand ouverts et le corps alerte à deux heures et demi du matin — trois heures de sommeil, rock’n roll. J’ai longuement discuté dans le hall avec un patient insomniaque, ai bu deux cafés, puis suis allé me changer et me suis dédié à un footing de décrassage (marche et course en alternance) dans les couloirs de la clinique avant, vers cinq heures et quelques, de me faire engueuler par un grand type pas commode du tout: « t’es gentil, mais tes basketts couinent beaucoup trop sur le sol, c’est casse-couille… » Je me suis excusé, intérieurement désespéré de devoir interrompre ma gymnastique nocturne juste sur la chanson « Démodé » de Fishbach, suis retourné me changer, et suis sorti fumer une cigarette, absolument pas calmé et sans aucune envie de me recoucher. Quelques heures plus tard, enfin, ayant renoncé en partie du fait du temps maussade à toute autre activité physique matinale, je m’écroulais dans mon lit. J’ai appelé ma « copine » et me suis une nouvelle fois fait larguer (je passe les détails). Je me suis endormi en position foetale, triste et repus à la fois, les larmes un peu proches. Je me suis dit qu’il était temps de réellement m’en tenir à ce vœu de chasteté formulé en 2017: Fishbach en rêve ou rien, autrement écrit Fishbach en rêve et rien. Je me suis endormi, ai peu mangé au repas. Je vais me chercher un café. J’écoute « The Funny Bird » de Mercury Rev au casque, très fort. Je m’interroge: ma désormais « ex » m’a reproché ma stratégie littéraire, le choix d’exposer sur ce blog ma maladie comme un étendard… Je lui répondrai ce que je répondrais à tout le monde — dans l’expression je trouve une catharsis, un défoulement, et cela me libère — en outre, comme j’ai déjà dû l’écrire il y a longtemps, il faut que quelques personnes se chargent de faire ce que je fais, parler à bras grands ouverts des troubles psychiques, sans quoi notre société restera bloquée dans son retard médico-culturel.

L’infirmerie de la clinique a enfin reçu mon Viagra. Je vais pouvoir recommencer à me masturber. Et si vous osez penser que Fishbach pourrait peupler mes branches d’onanisme, allez bien cordialement vous faire enculer.

L’insurrection intérieure est proche.

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